Avignon : des acteurs atteints de trisomie 21 sur scène

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Les acteurs de "Disabled “Theater"”, un spectacle proposé à partir du 9 juillet par le chorégraphe Jérôme Bel, sont atteints de trisomie 21 et de retards mentaux.

Expérience dérangeante, extrême, des metteurs en scène exposent à tous ce que le regard évite : des êtres gravement handicapés physiques et mentaux, placés au cœur de trois créations présentées au Festival d’Avignon.

Les acteurs de “Disabled Theater”, un spectacle proposé à partir du 9 juillet par le chorégraphe Jérôme Bel, sont atteints de trisomie 21 et de retards mentaux. Invité à monter son spectacle par une troupe basée à Zurich, composée de onze acteurs handicapés mentaux professionnels, le chorégraphe a la certitude d’avoir produit un acte théâtral, où chaque spectateur est confronté personnellement au handicap, dans “un rapport qui reste conflictuel, où se mêlent la gêne et la peur”. “Le spectacle essaie de pacifier cette relation”, ajoute-t-il, en disant son souci d’isoler chaque personne de la troupe pour en faire "un individu". Pour Jérôme Bel, cette expérience “hors norme” a “piétiné cinquante ans d’apprentissage du théâtre et de la danse”. “J’ai senti qu’ils étaient au-delà de ce que je voulais être, de ce que je croyais avoir atteint”, dit-il. “Ce qui me sidérait c’était leur être au monde, comment ils le percevaient, bougeaient, dansaient, parlaient.” “Par rapport à la normalité, on commence à penser différemment quand on les voit, quand on les fréquente. Ça déplace la pensée sur l’être humain”, assure-t-il.

Dans “Ch(ose)” et “Hic sunt leones”, spectacles de la danseuse Sandrine Buring et du metteur en scène Stéphane Orly donnés à partir du 15 juillet, les artistes évoquent leur “rencontre” avec des enfants gravement polyhandicapés, privés de parole et de gestes. “La question du regard sur le handicap est extrêmement problématique”, estiment ces deux artistes. Pour Stéphane Olry, “ce sujet un peu repoussoir pose pourtant des questions prégnantes dans notre société”. Lui et Sandrine Buring ont régulièrement rendu visite, pendant deux ans, à des enfants hospitalisés à La Roche-Guyon (Val-d’Oise), dissimulés au regard pour être “protégés”. “Face à eux, moi je me trouve extrêmement démuni”, confesse-t-il. “Ils sont très loin, dans une chaise roulante. Ils ne répondront jamais quand on leur parle. Aucun n’a le langage, même pas par le toucher et on ne sait pas très bien ce qu’ils voient”. Pourtant, “la rencontre” se produit. Lire la suite sur L’express.fr

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