Le cannabis est-il vraiment dangereux ?

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La question de la dépénalisation de l’usage de cette herbe, relancée par Cécile Duflot, est soutenue par beaucoup de spécialistes. Interview.

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En relançant le débat sur la dépénalisation du cannabis, Cécile Duflot a ravivé un vieux débat politique. Mais qu’en est-il de la question scientifique ? Le docteur Marc Valleur, médecin-chef de l’hôpital Marmottan, à l’ouest de Paris (le "haut lieu" des toxicomanes désireux de s’en sortir), souligne que si le nombre des utilisateurs festifs de drogue ne cesse de grandir, dans l’immense majorité des cas, ils ne deviennent pas dépendants. Interview.

Pourquoi différenciez-vous le cannabis des autres drogues ?

Dr Marc Valleur : Parce que c’est la seule drogue illicite qui donne lieu à une consommation de masse. Son usage est le plus souvent récréatif, occasionnel, et ne pose aucun problème à l’immense majorité des expérimentateurs. Certes, le cannabis peut donner lieu à une dépendance, il peut avoir des effets néfastes sur les poumons et c’est un produit cancérigène. Certes, il peut provoquer des attaques de panique et il existe une corrélation entre sa consommation et certaines formes de troubles psychiques, comme la schizophrénie. Mais ce n’est pas un produit véritablement dangereux.

Or, on a un gros souci avec la loi de 70, qui dit que l’usage de drogue est puni d’un an de prison ; dans le cas de l’héroïne, c’est atténué par les possibilités de substitution et le fait que moins de 1 % de la population est concernée. En revanche, l’usage de cannabis ne devrait pas être sanctionné par une peine de prison. C’est une absurdité, mais qui donne à la police et à la justice une grande latitude d’action...

Votre inquiétude actuelle concerne la cocaïne...

Oui, car elle est en train de remplacer l’héroïne dans l’imaginaire des toxicomanes et de devenir la drogue par excellence. Ses prix ayant baissé, elle n’est plus réservée à la jet-set. Elle circule dans les cités de banlieue, dans les boîtes de nuit, dans les soirées festives, dans les rencontres entre jeunes. Les dangers sont bien connus : elle augmente le rythme cardiaque et la tension artérielle, d’où des accidents cardiaques et vasculaires cérébraux. Il y a aussi des troubles psychiques aigus, la fameuse parano de coke avec les délires où les gens s’imaginent qu’ils sont persécutés, poursuivis, ce qui peut les amener à commettre une agression. On voit aussi des gens qui, en descente de coke, ont des hallucinations cutanées, l’impression que des bestioles courent sous leur épiderme et ils peuvent s’arracher la peau.

D’autre part, il faut espérer que la plupart des consommateurs continuent à l’utiliser exclusivement en snif, même si cette pratique détruit la cloison nasale. L’injection de coke est, elle, catastrophique pour le système cardio-vasculaire et pour les veines. Enfin, certains fument de la cocaïne, ce qui est nocif pour les poumons. De plus, son effet est alors très bref, ce qui conduit à multiplier les prises.

Qu’en est-il du crack ?

Le crack est une forme basique de cocaïne, d’une certaine manière plus pure. Mais il ne peut pas s’injecter, car il ne se dissout pas. C’est pour ça que les gens le fument, et quand ils le chauffent, ça fait ce bruit particulier de grésillement, d’où son nom. On croit que le crack est moins cher que la cocaïne, parce que c’est de la drogue de rue ; c’est pareil, mais à poids égal il y a moins de molécules dans le crack qui est sous forme de cristaux. Les deux ont la même dangerosité, mais les effets du crack sont tellement brefs que les accros ne cessent d’en prendre.

Et que penser des nouveaux produits qui apparaissent régulièrement ? Lire la suite sur lepoint.fr

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