Affaire du Sofitel : l’avocat de DSK accuse Nafissatou de vouloir gagner plus d’argent

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Alors que le juge précise après avoir écouté les deux parties qu’il rendrait sa décision rapidement, l’un des avocats de l’ex-patron du FMI demande le classement de la plainte au civil.

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Deux jours après la mise en examen de l’ancien patron du FMI à Lille pour "proxénétisme aggravé en bande organisée" dans l’affaire du Carlton, un crime passible de vingt ans de réclusion criminelle et trois millions d’euros d’amende, Dominique Krauss-Khann s’est penché sur une autre affaire qui l’accable à New York. Là-bas, il a été question pour les avocats de DSK, de répondre aux griefs portées contre sa personne par Nafissatou Diallo, la femme de chambre qui l’accuse d’agression sexuelle. Mercredi 28 mars dernier, l’un des avocats de l’ancien directeur général du FMI a demandé à un juge du Bronx de classer cette plainte au civil. Car pour ce dernier, DSK était protégé au moment des faits d’une immunité.

Lors de l’audience de mercredi qui se veut première du genre depuis le déclenchement de cette affaire du Sofitel le 14 mai 2011. Mercredi, ni Mme Diallo, qui accuse DSK d’agression sexuelle dans sa suite du Sofitel de New York le 14 mai dernier, ni M. Strauss-Kahn, qui dément l’avoir contrainte, n’étaient présents. Son avocat a affirmé que l’ancien ministre bénéficiait en tant que patron du FMI à l’époque des faits, de la "même sorte d’immunité diplomatique que d’autres hauts responsables et diplomates" et ne pouvait être poursuivi au civil. Il a évoqué la Convention internationale sur les privilèges et immunités des agences spécialisées, adoptée par les Nations Unies en 1947. Pendant plus d’une heure, le juge McKeon, 63 ans, lui a posé des questions parfois très techniques, lui relisant les détails de certains des textes invoqués par la défense de DSK. « Vous ne diriez pas qu’il agissait dans le cadre de ses fonctions lorsqu’il a rencontré Mme Diallo ? » a-t-il par exemple interrogé. Pourquoi DSK n’a-t-il pas fait valoir cette immunité lors de la procédure pénale, a également interrogé le juge.

William Taylor a accusé Mme Diallo de vouloir "plus d’argent, mais elle n’aura pas ça de M. Strauss-Kahn". Et il n’a pas exclu de faire appel, si le juge ne devait pas retenir l’argument de l’immunité. Douglas Wigdor, qui représentait Mme Diallo, a parlé pendant un petit quart d’heure à l’audience. Il a affirmé que DSK ne pouvait se prévaloir d’une immunité totale, lorsqu’il a, a-t-il accusé, "sauvagement agressé" la femme de chambre le 14 mai. Mme Diallo avait porté plainte au civil le 8 août pour obtenir des dommages et intérêts, en parallèle de la procédure pénale. Cette dernière a été abandonnée le 23 août, le procureur ayant des doutes sur sa crédibilité. Mais la plainte au civil s’est poursuivie.

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