And the winner is…

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A la ligne de départ, deux candidats aux fonctions de président de la république française pour le quinquennat à venir.

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Le candidat de la droite, Nicolas Sarkozy, a fait une légère remontée dans les sondages ces derniers jours. Face à lui, le candidat socialiste, François Hollande, ancien compagnon de celle qui cinq ans plus tôt avait été vaincue par un Nicolas Sarkozy en état de grâce. Depuis les temps sont bien changés. Il est plutôt impopulaire et son rival est largement donné gagnant au second tour.

Mercredi 03 avril à 21 heures, devant plus de 18 millions de téléspectateurs, deux journalistes, Laurence Ferrari et David Pujadas, ont donné le coup d’envoi de ce moment symbolique, cette confrontation régulièrement tant attendue mais rarement déterminante.

Hollande a fait du Hollande, Sarkozy a fait du Sarkozy, les indécis eux restent indécis : Hollande qui est rentré très tôt en campagne avait déjà bien rôdé son argumentaire de vente, il a depuis un moment déjà pris beaucoup d’assurance, respire mieux et ne s’est pas contenté d’esquiver. Il a donné des coups, même s’il manquait d’enfoncer le clou, même s’il n’appuyait pas suffisamment longtemps où ça faisait mal, quand notamment Sarkozy était en difficulté. Mais son but était-il de noyer son rival du jour ou bien de bien montrer qu’il était prêt à diriger la France ?

Nicolas Sarkozy en invitant DSK au menu du soir a peut-être fait preuve de faiblesse, mais peut-être aussi d’efficacité. Le propos dans ce genre de confrontation n’est pas tant ce que l’on dit que ce que le public comprendra, ce que l’on montre que ce que le public verra, ce qui est vrai que ce que le public croira. De ce point de vue, seuls les résultats des urnes pourront valider ou disqualifier la tactique qui aura été la sienne.

Au total, ce qui s’est passé hier n’a pas été décisif, mais indicatif. Il préfigure peut-être de ce que les Français vivront au soir du 06 mai prochain. A moins d’un ralliement spectaculaire de Bayrou, aux électeurs duquel Sarkozy s’est adressé à la toute fin du débat, à moins d’un sursaut en sa faveur des abstentionnistes et de cette majorité silencieuse (et peut-être aussi sourde), le prochain président de la république française sera socialiste.

Fenêtre : morceaux choisis

“ Pourquoi vous laissez supposer que les étrangers non-européens sont des musulmans ” (F.H.) : Sarkozy est resté combatif, il a fallu qu’il se débatte longuement pour sortir par le haut face à cette question qui est une accusation dont il ne se sera pas finalement défendu.

“ Moi, président…” (F.H.) : Lyrique, doux, il a montré au travers de cette anaphore magnifique qu’il pouvait être un tueur.

“ La situation que nous connaissons, ce n’est pas une situation normale. Votre normalité, elle n’est pas à la hauteur des enjeux. ” (N.S.) Dans une de ces reparties caractéristiques, le président sortant essayait d’affirmer sa stature, à la moindre ouverture, la moindre faille que lui offrait son adversaire.

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