Conférence sociale : le premier grand rendez-vous du quinquennat

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Changement de méthode. François Hollande veut se démarquer de son prédécesseur en réunissant pendant deux jours 300 syndicalistes et représentants patronaux autour du gouvernement au siège du Conseil économique, social et environnemental (CESE) au lieu de l’Élysée.

Lundi et mardi, plus de 300 participants sont attendus à la grande conférence sociale pour définir un calendrier des réformes sociales du quinquennat. Cette grand-messe a été saluée par les partenaires sociaux, qui se voient ainsi mis au centre des décisions.

le début de la conférence sociale réunit gouvernement, syndicats et patronat pendant pour discuter notamment de l’emploi dans un contexte de crise économique et de multiplication des plans sociaux.

Interrogé sur la “flexisécurité” souhaitée par le patronat et permettant d’assouplir les règles de licenciements tout en protégeant le salarié, Jean-Claude Mailly secrétaire général de FO, s’est dit “positif et déterminé” avant la conférence sociale, au cours de laquelle il dit vouloir réaffirmer son opposition à la “flexisécurité” et à la diminution des effectifs de la Fonction publique sans examen préalable.

Opposé à toute “rupture conventionnelle collective”

“Je suis positif et déterminé”, a-t-il déclaré sur i-télé quelques heures avant le début de la conférence sociale qui réunit gouvernement, syndicats et patronat pendant deux jours pour discuter notamment de l’emploi dans un contexte de crise économique et de multiplication des plans sociaux. Interrogé sur la “flexisécurité” souhaitée par le patronat et permettant d’assouplir les règles de licenciements tout en protégeant le salarié, Jean-Claude Mailly s’y est déclaré opposé.

“L’heure n’est pas à la flexibilité”, a-t-il dit. Cette notion, selon lui, “est un des éléments du libéralisme économique qui nous amène dans le mur chez nous comme ailleurs”, alors que d’autres solutions existent comme le rôle de l’Etat pour relancer la stratégie industrielle.

Ce que veut la présidente de l’organisation patronale, Laurence Parisot, est “une déjudiciarisation des plans sociaux », a estimé le leader de FO. Par ailleurs il s’est déclaré opposé à toute “rupture conventionnelle collective” comme le souhaite le Medef.

S’agissant de la Fonction publique dans laquelle FO est très présente, Jean-Claude Mailly s’est félicité de l’audit demandé par le Premier ministre d’ici au 25 septembre. Il faut d’abord s’interroger sur “le rôle du service public républicain avant de parler d’effectifs”, a-t-il dit.

Le leader de FO s’est en outre montré très sceptique sur l’objectif déclaré du gouvernement de ramener le déficit de l’Etat à 3% du PIB dès 2013. “Pour arriver à 3% il faut faire de la récession”, a-t-il dit, avant d’ajouter que « la récession n’est jamais une solution ».

Thibault veut des décisions sans attendre

“Nous serons insistants pour que des décisions immédiates soient prises”, a pour sa part déclaré le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault sur RTL. “Nous ne serons pas là que pour discuter d’une méthode et caler un agenda”, a-t-il avancé.

Parmi les sujets sur lesquels Bernard Thibault a dit souhaiter des décisions sans attendre, le leader de la CGT a cité la remise à plat des aides publiques aux entreprises après avoir étudié leur efficacité, l’indexation des minima de branches sur la hausse du Smic et des sanctions en cas de non-respect de l’égalité hommes-femmes dans les entreprises.

Lors de ce rendez-vous, qui doit ériger le compromis en méthode du dialogue social, “on ne doit pas s’en tenir aux vieilles recettes”, a estimé Bernard Thibault, revendiquant notamment “un Etat stratège en matière industrielle”. Le secrétaire général de la CGT a aussi plaidé pour une redéfinition du licenciement économique, alors que les syndicats voudraient pouvoir s’opposer à des plans sociaux lorsque les entreprises dégagent des profits.

Interrogé sur le sort de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis, 3 300 salariés), dont l’annonce de l’arrêt de la production pourrait avoir lieu cette semaine, Bernard Thibault a mis en avant “les salariés déjà mobilisés”. “Pour un emploi direct, il y a trois ou quatre emplois indirects”, a souligné le syndicaliste en appelant à “revoir les ambitions des constructeurs automobiles” français.

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