Discours de politique générale : Ayrault pris aux mots

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D’“Agir” à “Vérité”, l’abécédaire de l’allocution du Premier ministre devant l’Assemblée nationale, mardi.

Agir (pour réussir). C’est un appel à la mobilisation générale. Oui, il faut “appeler l’ensemble de notre peuple à une mobilisation.” Car “il n’est pas trop tard pour agir” et, bien sûr, “pour réussir”. “La situation de notre pays, comme celle de l’Europe, est préoccupante, le redressement prendra du temps. Cela sera difficile. Mais nous réussirons.”

Argent. Surtout, ne pas faire (trop) peur. “Au-dessus de l’argent que l’on gagne, il y a ce sentiment plus grand, plus fort, celui que procurent l’estime et la reconnaissance de ses concitoyens”, assure ainsi le Premier ministre. Avant d’ajouter : “Je ne suis pas l’ennemi de l’argent. Mais je ne considère pas les gens auxquels je parle en fonction de leur patrimoine et de leurs revenus”...

Budget. Celui de 2012 “comportait des sous-évaluations de dépenses et des estimations trop optimistes de recettes”, comme l’a rappelé la Cour des comptes. Il y avait le redressement productif ? Il y aura “le chemin du redressement budgétaire”, martèle Ayrault. Qui passe donc par un collectif budgétaire, première étape de la réforme fiscale. “Il reviendra sur l’allégement incompréhensible de l’ISF et des droits sur les grosses successions, le bouclier fiscal, l’exonération des heures supplémentaires dans les entreprises de plus de 20 salariés qui décourage la création de nouveaux emplois, et mettra à contribution les grandes entreprises, notamment bancaires et pétrolières.”

Cap. Pas de surprise. Ayrault présente la feuille de route du programme de François Hollande. L’horizon est déjà fixé. “Je viens devant vous chargé d’une mission particulière, celle que m’a confiée le président de la République, qui a fixé notre cap : conduire le redressement de notre pays dans la justice.”

Conférence. Un objet classique de la boîte à outils, très utile dans toute déclaration de politique générale. Il est question de “concertation”, de “combat”, de “confiance”. De contrat pour “ne pas imposer d’en haut” ou ne pas “opposer de manière dogmatique”. Oui, à l’en croire, un “état d’esprit nouveau s’est déjà exprimé à travers l’organisation d’une grande conférence sociale”, qui s’ouvrira dans quelques jours... Une autre, environnementale, “s’ouvrira dès la rentrée pour préparer le grand chantier de la transition énergétique et de la biodiversité”. Une autre, à l’automne, planchera sur un plan de lutte contre la pauvreté.

Dette. Le terme est revenu une dizaine de fois. C’est celui qui a le plus résonné dans l’hémicycle. “Entre 2007 et 2011, la dette publique a augmenté de 600 milliards d’euros”. “Le poids de la dette est devenu écrasant. L’Etat verse ainsi près de 50 milliards d’euros par an à ses créanciers. Cette somme représente la première dépense, juste devant le budget de l’Education nationale ; elle est supérieure aux budgets de la recherche, de la justice et de la sécurité réunis.” Bien évidemment, “c’est inacceptable !” Ou encore : “La dette, c’est moins d’écoles, moins de crèches, moins d’hôpitaux, moins de transports publics…” Ces répétitions ne sont pas le fruit du hasard. La France est malade de sa dette...mais, pour autant, Ayrault l’a dit : “Je refuse l’austérité.” Compliqué. D’autant que “le président de la République a fixé des priorités : la jeunesse, la sécurité et la justice. Elles seront respectées sans pour autant creuser nos déficits et notre dette”.

Effort. Prononcé à douze reprises. Doit être juste et équilibré. “Collectif” et “national”. Il ne doit pas s’assimiler à la rigueur ou à l’austérité, mots récusés par le Premier ministre. Qui assure donc : “Des efforts devront dépendre non pas d’une règle mathématique aveugle et absurde, mais de l’évaluation des politiques conduites et de leur efficacité.” Une loi de programmation des dépenses publiques, qui couvrira les cinq années de cette législature.

Engagement. Prononcé onze fois, presqu’autant que le fort effort. La mise en œuvre de ces solutions, qui sont les engagements pris par le président de la République, passe d’abord par l’exigence (mot utilisé à cinq reprises) de vérité.

Génie. Mot éternel et éternellement employé pour doper l’ego national. Pour Ayrault, cela donne : “Le génie de la France, ce n’est pas la concentration dans les mains de quelques-uns de notre destin commun. Le génie de la France, c’est d’avoir su justement passer d’un système monarchique ou autoritaire à l’association de tous à la décision. Le génie de la France, c’est la République !”

Héritage. “Je ne suis pas venu lancer un débat sur l’héritage”, a annoncé Ayrault, plutôt light dans sa critique du gouvernement précédent. Un partage des tâches : lui succédant à la tribune, Bruno Le Roux, président du groupe PS, s’est chargé de pilonner le bilan des années Sarkozy-Fillon.

Intégration solidaire. Périphrase utilisée par François Hollande au moment du dernier sommet européen pour éviter de parler de “fédéralisme”. L’expression est devenue ce qu’on appelle “un élément de langage”.

Justice. Martelé pas moins de 20 fois dans le discours. (Et c’est sans compter l’adjectif “juste”, répété une dizaine de fois). Avec ce leitmotiv : Il s’agit de “conduire le redressement de notre pays dans la justice”. Après tout, la justice a été l’un de mots clés qui a vertébré la campagne du candidat Hollande. “Territoriale”, “fiscale”, et bien sûr “sociale”, elle est “efficace”, elle “n’est pas seulement une exigence morale” mais “un facteur de croissance”. Bref, elle sera à la fois “notre moyen” et “notre but”, jure Ayrault. Lire la suite sur libération.fr

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