Hausse du Smic : une hausse supplémentaire des charges ?

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La hausse des salaires minimum de 2%, que doit annoncer ce mardi le ministre du Travail, Michel Sapin, inquiète les PME déjà fortement ébranlés par la crise. Les patrons des petites et moyennes entreprises sont préoccupés par la répercussion qu’aura cette augmentation sur les charges.

Une reportage de BFMTV explique en quoi la hausse du Smic est un risque pour les PME.

La hausse du Smic est-elle un coup de pouce “raisonnable” ?

En décidant une revalorisation intermédiaire le 1er juillet, hors du calendrier légal puisque le smic est revu chaque année le 1er janvier, François Hollande a annoncé vouloir "rattraper ce qui n’a pas été accordé” durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Le dernier “coup de pouce” au-delà de l’inflation remonte à 2006. Il avait été de 0,3 %. Il avait été de +0,3%. Mais la comparaison sera faite avec la hausse de 4% accordée par Lionel Jospin en 1998 lors de son arrivée à Matignon.

M. Sapin annoncera la hausse aux organisations syndicales et patronales réunies en Commission nationale de la négociation collective, mardi 26 juin. Un décret sera présenté mercredi en Conseil des ministres. “Je pense que le gouvernement mesure toute la difficulté de la situation économique”, a déclaré lundi la patronne du Medef Laurence Parisot en agitant de nouveau la menace d’un “risque majeur sur l’emploi” si l’augmentation était supérieure à l’inflation.

Concilier deux logiques

Le gouvernement a répété ces derniers jours que la hausse serait “raisonnable”, alors que les médias ont fait état d’hypothèses entre 2 et 2,5%. A ce niveau, jugé “insuffisant” par le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, le gouvernement commettrait “un premier faux pas”, a-t-il jugé. En tenant compte de l’inflation (qui a atteint 1,4% depuis novembre 2011, date de référence de la dernière revalorisation), le coup de pouce "serait en fait entre 0,1 et 0,4%", calcule-t-il : “insuffisant”.

Du côté de la CGT, on s’attend également à être déçu, mais sans être trop virulent. “Si ce coup de pouce s’avérait trop timide, c’est sûr qu’il y aurait une vraie incompréhension dans le monde du travail”, indique ainsi Nadine Prigent.

L’équation est délicate pour le gouvernement, qui doit “concilier deux logiques” : préserver la compétitivité des entreprises, surtout des PME, et augmenter le pouvoir d’achat des bas revenus. Une hausse de 1% représenterait 11 euros nets de plus pour un plein temps.

Un salarié sur dix environ est payé au salaire minimum (9,22 euros de l’heure, soit 1.398 euros bruts et 1.096 nets pour 35 heures).

Mais au-delà du niveau du Smic, les débats ont été ouverts, notamment par la CFDT et la CFTC, sur l’évolution des salaires et du temps partiel. “Il faut aller au-delà et faire en sorte que le Smic reste bien un minimum de démarrage. C’est devenu pour beaucoup trop de salariés l’unique horizon”, soulignait encore lundi la CFDT. Le gouvernement réfléchit aussi à modifier les règles de revalorisation du salaire minimum pour l’indexer en partie sur la croissance. De fait, pour les syndicats, “le vrai rendez-vous, c’est la conférence sociale des 8 et 9 juillet”, reconnaît le nu°2 de la CFDT, Laurent Berger, à Libération.

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