Heures supplémentaires : bataille de chiffres et d’espoirs

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Rien n’est encore décidé à l’Assemblée en ce qui concerne l’abrogation des exonérations sur les heures supplémentaires. Le débat se poursuit dans nos colonnes et croise celui sur les 35 heures.

La décision est en suspens : les députés se sont quittés dans la nuit de mardi à mercredi sans avoir statué sur le sort des exonérations liées aux heures supplémentaires. À la suite d’incidents entre certains députés de l’UMP et la majorité de gauche, la séance a été interrompue. Des “gesticulations” que regrettent de nombreux lecteurs : “Le niveau du débat politique en France est décidément affligeant” (Nederlander).

Exonérations injustes

“Affligeant”, car l’enjeu est de taille et il est important de pouvoir mener les discussions sereinement au sein de l’Assemblée nationale. “Il fallait les supprimer. Pendant que les uns travaillaient plus, les autres, et surtout les intérimaires, travaillaient moins et gagnaient nettement moins. Une bonne chose de faite”, affirme Cactus 22.

D’autres voix se joignent à la sienne, elles dénoncent la défiscalisation des heures supplémentaires comme une mesure destinée à favoriser une population déjà privilégiée. “La défiscalisation des heures sup est une mesure injuste par excellence ! Elle consiste à donner des avantages à ceux qui en ont bénéficié, financés sur fonds publics, donc par le contribuable” (Castagnette). “Aujourd’hui, il faut des incitations à l’embauche de nouveaux travailleurs, et non pas donner plus de boulot à ceux qui sont déjà dans l’entreprise” (Lolypop1). Les échanges continuent, avec la volonté de coller à la réalité du monde du travail.

Emploi et pouvoir d’achat

Témoignages et exemples construisent le débat en s’appuyant sur des chiffres et des situations concrètes.

JBF63 attaque : “Les employeurs sont subventionnés pour utiliser les heures sup non pas parce qu’il y a un coup de feu dans l’activité mais pour une activité régulière. Cela les dissuade de créer des temps partiels, des CDD et même des CDI, alors que le chômage enfle”, avant de nuancer, “le seul argument pour maintenir cette mesure concerne uniquement les très petites entreprises qui peuvent avoir un besoin de main-d’oeuvre, surtout saisonnière, qui n’atteint pas l’équivalent d’un emploi.”

En faisant appel à son expérience, Phildecannes rétorque : “Dans mon cas (je suis chef d’une entreprise de 22 salariés), cette mesure va priver mes salariés d’heures supplémentaires. Il y a une autre solution pour continuer à augmenter leur pouvoir d’achat : je vais licencier 2 salariés pour arriver à un effectif de 20 et de ce fait continuer à rémunérer les heures supplémentaires. Il n’est pas question d’embaucher en ce moment et encore moins d’augmenter les revenus.”

Pour d’autres, les exonérations développent la précarité : “Le vrai résultat de l’exonération des heures sup, c’est la hausse des emplois précaires. On nous présente l’Angleterre et l’Allemagne en exemple. Pour ma part, je n’envie pas les 8,5 millions de précaires allemands, et encore moins le résultat de l’ultralibéralisme anglais” (GV94).

Travailler autant pour gagner moins

“Mais que fait-on après ? Quels choix auront ceux qui faisaient des heures sup : travailler autant pour gagner moins ? La seule bonne piste, c’est d’augmenter le volume global de travail, pas de le partager” (Pat 37).

Les interrogations sur les heures supplémentaires se mêlent à celles sur l’efficacité de la mesure portée par Martine Aubry : les 35 heures. “Les heures supplémentaires n’existent qu’à cause des 35 heures pour tous, une hérésie économique qu’aucun pays au monde n’a adoptée. Établir des horaires de travail par branche d’activité, voilà une bonne mesure” . Lire la suite sur lepoint.fr

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