Immigration clandestine : l’équation que veut résoudre Nicolas Sarkozy

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Le candidat-président menace de sortir la France de la zone Schengen, s’il est réélu, pour l’épargner de ce fléau.

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Nicolas Sarkozy a menacé dimanche dernier, s’il est réélu, de sortir la France des accords de Schengen sur la libre-circulation dans l’UE. Selon lui, l’heure est à la lutte contre l’immigration clandestine, qu’il estime mal contrôlée par certains pays européens. A six semaines du premier tour de la présidentielle, dont l’immigration s’érige comme une thématique forte, de la campagne, le chef de l’Etat lors d’un meeting à Villepinte, a jugé que les accords de Schengen devaient être « révisés » car « ils ne permettent plus de répondre à la gravité de la situation ». « Il faut une discipline commune dans les contrôles aux frontières comme il y a une discipline commune en matière de finances publiques dans la zone euro », a-t-il lancé, devant une cohue apparemment trop sarkoziste. Sans « progrès sérieux dans les 12 mois, a-t-il poursuivit, la suspension de la participation de la France aux accords de Schengen serait imminente ».

« Dans la situation économique et sociale qui est la nôtre, si l’Europe ne maîtrise pas les entrées sur son territoire, elle ne pourra plus accueillir dignement ceux qui arrivent, elle ne pourra plus répondre à la demande d’intégration de ceux qui ont tant de mal à trouver leur place dans la société, elle ne pourra plus financer sa protection sociale », a martelé M. Sarkozy. L’espace Schengen compte 26 pays. Quatre ne sont pas membres de l’UE (Islande, Suisse, Norvège et Liechstenstein). Les voyageurs, pouvant circuler par voies terrestres ou aériennes, munis juste d’une simple carte d’identité, cette zone ouverte est l’objet de tensions croissantes au sein de l’UE.

Déjà courant 2011, l’UE a adopté une politique plus restrictive des mouvements migratoires en entérinant la possibilité de rétablir des contrôles aux frontières nationales des Etats Schengen, si l’un d’entre eux n’est plus en mesure de contrôler sa frontière extérieure en cas d’immigration forte et inattendue. Une mesure dérogatoire réclamée par Paris pour lutter contre l’immigration clandestine à la suite de fortes tensions avec Rome provoquées par un afflux de Tunisiens après la "Révolution de Jasmin" début 2011. La France avait alors organisé des contrôles ciblés à la frontière italienne pour filtrer les migrants tunisiens auxquels Rome avait accordé des titres de séjour temporaires. Nicolas Sarkozy plaide donc pour une sanction, une suspension ou simplement pour une exclusion de Schengen un Etat défaillant comme ce pourrait être le cas pour un Etat de la zone euro en mal de remplir ses obligations.

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