Le tueur de Toulouse meurt les armes en main

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Dans un dernier déchaînement de violence à Toulouse ce matin, Mohamed Merah est tombé sous les balles du Raid.

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32 heures. C’est le temps qu’aura duré l’interpellation. Le jeune délinquant, assassin de sept personnes à Toulouse, est mort à 10H30 ce jeudi. Merah, le jeune multirécidiviste devenu à 23 ans l’auteur autoproclamé d’une série de sept assassinats, sautait du balcon en continuant à tirer sur les hommes du Raid qui avaient investi son logement quand il a été mortellement touché par des tireurs d’élite du Raid positionnés à l’extérieur. Son appartement se trouvait au premier étage. Mais « quand il est arrivé au sol, il était mort », a rapporté un policier.

La fin du meurtrier présumé de trois enfants juifs, d’un enseignant israélite et de trois parachutistes, tous exécutés à bout touchant, a été précédée d’un déchaînement de coups de feu de cinq minutes. Et au total, trois cents projectiles ont été échangés quand les hommes du Raid, après 32 heures de siège, sont entrés dans le logement, s’ouvrant la voie de moyens vidéo, ignorant peut-être si Merah était encore vivant ou s’il s’était suicidé. Quand les policiers ont introduit un dispositif vidéo dans la salle de bains, Merah est sorti en "arrosant" à l’arme de guerre, selon le récit de la police. Un policier a été blessé au pied, deux autres ont été choqués. Merah a, lui, scellé son arrêt de mort.

Après l’avoir cerné chez lui hier mercredi à 2H10 (GMT), les policiers ont longuement échangé toute la journée avec un suspect s’épanchant spontanément et promettant plusieurs fois sa reddition pour ensuite la repousser, une dernière fois, jusqu’à 21H45. Ils (policiers ndlr) ont pris contact avec le tueur à l’heure dite, Merah était entré "dans une autre logique : celle de rupture". Les policiers ont fait sauter ses volets pour voir à travers les fenêtres et surtout pour faire exploser devant, et à intervalles réguliers, des charges puissantes pour empêcher Merah de dormir et le maintenir sous pression. L’eau, le gaz et l’électricité ont aussi été coupé. Ce face-à-face aura été l’un des plus longs qu’aient connus les policiers du Raid après celui de la maternelle de Neuilly, en mai 1993.

La mort de Mohamed Merah frustre les autorités de la possibilité de faire juger et de faire parler ce jeune Français qui se serait radicalisé dans les milieux salafistes et à la faveur de deux séjours en Afghanistan et au Pakistan. Avant de mourir, Mohamed Merah s’était vanté d’avoir été formé par Al-Qaïda, d’avoir accepté une mission pour le réseau en France, d’avoir "toujours agi seul" et d’avoir mis "la France à genoux", selon le procureur de Paris qui dirige l’enquête. Les enquêteurs devraient, malgré sa mort, beaucoup s’intéresser à ses fréquentations. Parmi les gardés à vue, son frère Abdelkader, 29 ans, avait été inquiété dans une filière d’acheminement de djihadistes en Irak, sans être mis en examen, a-t-il dit.

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