Libye : la femme d’un proche de Kadhafi condamnée pour esclavage domestique.

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Elle écope d’une peine de deux ans de prison avec sursis. Le réquisitoire a été fait mercredi dernier, à l’encontre de l’épouse de l’ex-chef de cabinet de l’ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi.

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Jugée à Bourg-en-Bresse pour avoir employé 4 Tanzaniens dans des conditions de travail et de vie indignes, dans sa résidence secondaire de l’Ain, Kafa Kachour Bashir, une Franco-libanaise de 56 ans ayant vécue plusieurs mois par an en France, n’aura pas échappé à la justice.

Le substitut du procureur de la République, Aurélien Bailly-Salins, a requis à son encontre, une amende de 50.000 euros, outre les poursuites pour « soumission de personnes vulnérables à des conditions de travail ou d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine ». Mme Bashir a aussi été jugée pour « travail dissimulé » et « aide au séjour irrégulier et emploi d’étrangers démunis de titre de travail », des employés ne disposant pas de contrat de travail.

Les quatre Tanzaniens, —deux quadragénaires et un couple de trentenaires—, embauchés en Libye, privés la plupart du temps de leurs passeports, ont décrit devant le tribunal leurs conditions de travail — horaires, absence de congés, contrôles constants de leurs sorties par leur patronne, le tout pour des salaires quasi-inexistants — dans la luxueuse villa de Mme Bashir, située à Prévessin-Moëns (Ain).
Ainsi, Liya Kayigili a assuré n’avoir touché que 1.500 dollars (1.200 euros environ) avant un voyage en Tanzanie, « après deux ans et cinq mois de travail », -a-t-elle affirmé.

De plus, ces employés ne mangeaient que les restes. Une expertise médicale montre une anémie de Grace Zombe, correspondant « à un statut de sevrage sévère », selon l’expert.

Mme Bashir, qui conteste l’ensemble de ces faits, était absente du tribunal, ce qui a provoqué la colère du ministère public, qui a dénoncé le "mépris" de celle qui se sentait investie, vis-à-vis de ses employés, "d’une certaine forme de supériorité". Lors de l’instruction, Mme Bashir avait notamment déclaré que ses employés étaient libres de se lever le matin quand ils voulaient, qu’ils avaient un contrat de travail en Libye et que les salaires étaient versés dans ce pays. En un mot, que « c’était un peu le paradis » chez elle. Tout en réfutant toutes les affirmations de ses ex-servantes.

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