Mali : la classe politique marche, la junte reste sous la menace des rebelles touareg

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largement unie dans un front du refus La classe politique a marché ce lundi à Bamako, pour demander le départ de la junte qui a pris le pouvoir au Mali.

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Créé dimanche 25 mars dernier, le « Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FUDR) » a appelé ses militants à manifester dans la matinée de ce lundi 26 mars dans la capitale, contre les militaires qui, emmenés par le capitaine Amadou Sanogo, ont renversé jeudi dernier, le président Amadou Toumani Touré. L’appel semble avoir été boycotté puisque ce lundi matin, les rues de Bamako s’animaient. Les habitants allaient faire leurs courses, de nombreux commerces ayant rouvert. Le véritable test devant se faire demain mardi, 27 mars. Selon l’AFP, le FUDR qui regroupe 38 partis politiques - dont des formations majeures comme l’Union pour la République et la démocratie (URD) et l’Alliance pour la démocratie au Mali (l’Adéma) - ainsi qu’une vingtaine d’associations déterminées à lutter contre ce putsch jugé "anticonstitutionnel".

Mais le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE, junte) a mis en garde, dans un communiqué lu dimanche soir sur la télévision publique –ORTM— (tenue par les mutins), contre tout débordement à l’occasion de manifestations lundi, férié au Mali pour célébrer le 26 mars 1991. Année au cours de laquelle, un coup d’Etat militaire conduit par un certain Amadou Toumani Touré alias ATT, mettait fin ce jour-là, à deux décennies de dictature du général Moussa Traoré, après un soulèvement populaire durement réprimé.

Le coup d’Etat du 22 mars dernier a donc suspendu le processus politique dans le pays, à quelques semaines de la présidentielle prévue le 29 avril prochain. Toutefois, Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi), seul parti d’opposition à l’Assemblée désormais dissoute (trois des 147 députés), a apporté son soutien aux mutins en créant le "MP22", le Mouvement populaire du 22 mars. Les putschistes ont justifié leur coup d’Etat par l’échec du régime déchu face à la nouvelle rébellion touareg, lancée mi-janvier avec parfois le soutien de groupes islamistes armés, en particulier Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Mais ils n’ont pas convaincu la communauté internationale, qui a unanimement condamné leur coup et exigé le retour à l’ordre constitutionnel. Un sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) se tiendra à Abidjan dès ce mardi 27 mars 2012, pour tenter d’esquisser une sortie de crise.

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