Mali : le président déchu se cache-t-il ?

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Amadou Toumani Touré, renversé le 22 mars dernier par un coup d’Etat militaire, a affirmé hier mercredi à l’AFP qu’il était actuellement à Bamako et pas prisonnier.

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Alors qu’un possible compromis est évoqué entre l’Afrique de l’Ouest et la junte sur une transition, le président déchu de la République du Mali fait savoir qu’il n’est pas détenu, et qu’il est toujours à Bamako. Dans un entretien téléphonique avec un journaliste de l’AFP, Amadou Toumani Touré déclare : « Je suis bien à Bamako, et Dieu merci ma famille et moi nous nous portons tous bien ». Interrogé sur le lieu où il se trouve, ATT a répondu : « est-ce bien la peine ? Ce qu’il est important de savoir, c’est que je ne suis pas prisonnier ». Avant de poursuivre : « Je sais bien évidemment ce qui se passe. Je souhaite de tout mon cœur que la paix, la démocratie triomphent au Mali. Je n’ai rien d’autre à dire pour le moment », a-t-il dit. Le chef de la junte, le capitaine Amadou Sanogo, et la France ont pourtant tenu des propos rassurants sur sa situation, mais sans toutefois donner de détails.

Réunis mardi en sommet à Abidjan, les dirigeants de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), envisagent une transition qui serait dirigée par Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale dissoute par la junte. Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibril Bassolé, a évoqué sur RFI une possible piste de compromis. Une délégation de chefs d’Etat ouest-africains conduite par l’Ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la Cédéao, devra être porté ce jeudi 29 mars à Bamako pour en discuter avec la junte afin d’assurer dans les plus brefs délais un retour à l’ordre constitutionnel.

Plusieurs milliers de personnes ont marché hier mercredi à Bamako pour soutenir la junte, qui a annoncé mardi dernier en soirée avoir adopté, une nouvelle Constitution et promis qu’aucun de ses membres ne participerait aux prochaines élections présidentielle et législatives. Election dont la date reste encore indéterminée. Le ministère français des Affaires étrangères a dit mercredi espérer beaucoup de la mission régionale : « les pays voisins du Mali sont les mieux à même de contribuer à la résolution de la crise ».

Le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE, junte) a affirmé avoir pris le pouvoir pour mettre un terme à "l’incompétence" du régime ATT dans la lutte contre cette rébellion et les activités de groupes islamistes armés dans le Nord. Mardi soir, il a clairement affiché qu’il entendait installer son pouvoir en adoptant "l’acte fondamental", une Constitution de quelque 70 articles qui sera en vigueur durant la transition.

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