Nadine Morano s’en prend à François Fillon lors d’une réunion à l’UMP

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Après l’amère défaite de l’UMP aux législatives, Nadine Morano battue au second tour des législatives, a réglé ses comptes publiquement avec François Fillon, qu’elle accuse de l’avoir “précipitée dans le ravin” lors du second tour des élections. “Pendant que certains étaient dans des champs de pâquerettes, j’étais sur un champ de mines”, a lancé l’ancienne ministre, largement dominée par son adversaire socialiste dimanche dans la 5ème circonscription de Meurthe-et-Moselle.

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Le “champ de pâquerettes” est une allusion à peine voilée à l’ancien Premier ministre, qui a quitté son fief sarthois , après 20 ans passés dans la Sarthe, pour devenir député de la 2e circonscription de Paris.

Selon de nombreuses sources présentes à la réunion, La candidate en Meurthe-et-Moselle a interpellé M. Fillon plusieurs fois. “Moi je ne tire pas dans la nuque”, a-t-elle lancé hier, jugeant que les critiques de l’ancien chef du gouvernement avaient dépêché son échec.

A la veille du second tour, Nadine Morano avait embarrassé la droite, en reconnaissant du “talent” à Marine Le Pen lors du canular que lui avait fait l’imitateur Gérald Dahan.

“Nadine a expliqué sa défaite sans, à aucun moment, se remettre en question”

Applaudie par la salle, elle a reçu le soutien de Jean-Marc Roubaud, défait dans le Gard. “Les leçons, vous pouvez les faire au coin des chaumières à Paris mais comptez plus sur nous en province ! Les suceurs de micros invétérés nous emmerdent”.

L’ancien ministre des finances François Baroin, qui avait lui aussi dénoncé les appels insistants de Nadine Morano au FN, a répliqué sèchement : “Pendant 25 minutes, Nadine a expliqué sa défaite sans, à aucun moment, se remettre en question. Dans ma circonscription aussi, je connais la problématique d’un FN fort”.

Et à François Fillon, assis aux premiers rangs, de répondre à son ancienne ministre des affaires familiales : "Ceux qui ont été battus, je comprends leur colère, leur souffrance. Si j’ai été mal compris, je le regrette", a-t-il dit, sans se retourner. “On a adopté une position ensemble, ce n’était pas exactement la mienne. Chacun sait que le ni-ni (ni Front national, ni gauche) n’est pas la meilleure solution pour moi, mais je me suis tenu à la position prise ensemble et j’attendais la même chose de tout le monde”, a-t-il insisté.

Toujours très en colère à la sortie du bureau politique, Mme Morano a dit "faire partie de ceux qui lavent leur linge sale en famille". “Donc j’ai amené beaucoup de lessive, parce qu’après moi, j’aime bien quand les choses sont propres. Le style ’Je tire une balle dans le pied’, ça n’a jamais fait partie de mon comportement politique, je n’entends pas être victime de ceux qui le pratiquent”.

Interrogé par la presse sur ce face à ce débat agité, Jean-François Copé s’est voulu rassembleur. Il a estimé que “c’était normal et qu’il fallait purger tout ça”.

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