Renault avait anticipé le suicide de ses “faux espions”

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Pour faire face à tous les scénarios, Renault avait anticipé un éventuel suicide ou tentative de suicide des cadres suspectés dans l’affaire de faux espionnage qui avait secoué le constructeur automobile en 2011, a confirmé vendredi une porte-parole du groupe.

La direction de Renault avait anticipé l’éventualité de tels actes de désespoir des trois cadres, dont l’enquête révélera qu’ils avaient été accusés à tort, et rédigés à l’avance des communiqués, selon des informations divulguées par France Info, France Inter et Le Parisien/Aujourd’hui en France.

Projet complètement anticipé

“En tant qu’entreprise du CAC 40, en cas de crise, notre communication envisage toutes les possibilités et celle-ci en faisait partie”, a déclaré à l’AFP une porte-parole.

Le Parisien publie un document, versé au dossier d’instruction de l’affaire par le juge Hervé Robert, qui fait état de communiqués à diffuser pour le cas où ces cadres mettraient ou tenteraient de mettre fin à leurs jours.

Le document, exploité aussi par France info fait état de deux options : la première est à utiliser si “l’un des cadres a tenté de mettre fin à ses jours”, tandis que la seconde est à reprendre s’il “a mis fin à ses jours”.

Utilisant les formules d’usage pour de tels drames, les deux communiqués sont similaires, à l’exception d’une phrase rajoutée dans l’option 2 selon laquelle l’entreprise ... “pense particulièrement à la famille de M. xxx”.

Contactée par Le Parisien, Frédérique Le Grèves, qui était à l’époque directrice de la communication du groupe, reconnaît avoir demandé à ses services de préparer ces projets de communiqués.

“C’était de l’anticipation pure, des éléments de langage pour être prêt à répondre aux journalistes”, a déclaré Mme Le Grèves au quotidien, qui occupe désormais le poste de chef de cabinet de Carlos Ghosn, le PDG de Renault.

Dans cette affaire de faux espionnage chez le constructeur automobile, deux anciens cadres du service de sécurité sont mis en examen.

Ils sont soupçonnés d’avoir contribué à une escroquerie au renseignement en faisant accuser à tort d’espionnage industriel trois cadres de Renault, qui avaient été licenciés avant d’être innocentés.

Cette affaire, qui avait éclaté en janvier 2011, s’était conclue quatre mois plus tard par la démission du numéro deux de Renault, Patrick Pélata, le débarquement de six autres responsables et l’indemnisation des trois cadres licenciés à tort.

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