Soudan : des pertes pétrolières estimées à des milliards de dollars

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Face à une inflation manifeste de la bourse pétrolière les populations n’arrivent plus à contrôler leur dépense.

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L’économie soudanaise a vu s’envoler des milliards de dollars l’année dernière. Et, avec la partition du pays, Khartoum peine actuellement à lutter contre une inflation en flèche. La monnaie est constamment restée en berne. Selon les médias officiels, l’inflation était de 19% en janvier dernier. Une situation qui, à en croire les économistes, devrait encore s’empirer dans les jours à venir. Le gouvernement a maintenu un taux de change fixe de 2,7 livres pour un dollar, mais au marché noir, celui-ci ayant atteint 4 livres en fin 2011, s’approche maintenant des 5 livres. Au cours des six mois qui ont précédé la partition, Khartoum a tiré 7,5 milliards de dollars de ses exportations pétrolières, mais « 85% de ces recettes étaient issus du pétrole du Sud », avance la Banque mondiale. Cette manne représentait en effet, plus du tiers des recettes de l’Etat. La situation s’est ensuite empirée au point où, « l’économie étant en crise, la vie est devenue très difficile », analyse Mohamed Eljack Ahmed, économiste à l’Université de Khartoum.

Si l’agriculture a longtemps été le pilier de l’économie soudanaise, ses infrastructures sont désormais à l’abandon. Et les réserves de pétrole se trouvent essentiellement dans les régions frontalières du Sud, où des combats opposent depuis l’été, l’armée à des mouvements rebelles. Parallèlement, le déficit budgétaire s’aggrave et la dette -déjà lourde (38 milliards de dollars)- est associée aux sanctions économiques américaines, liées au conflit dans le Darfour ; ce qui limite pour autant, l’accès aux financements étrangers, selon un économiste international qui prévoit par ailleurs, un recul du PIB de 4,5% en 2012.

Le Soudan a commencé à exporter son pétrole à la fin des années 1990, ce qui lui a rapporté croissance et investissements. Mais ce privilège lui a été enlevé en juillet 2011 avec l’indépendance du Soudan du Sud, qui dispose de la majeure partie des réserves. L’absence des pétrodollars a ainsi provoqué une grave pénurie de devises. Dès lors, « les prix des importations flambent, rendant inabordables des produits essentiels comme les médicaments », explique un individu à l’AFP. Pour y remédier, Khartoum espère doubler, doubler davantage la production de ses puits de pétrole afin de pouvoir tirer 2,5 milliards de dollars cette année de ses exportations d’or, tout en augmentant ses ventes de coton et de sucre notamment. Un plan que les économistes estiment pourtant « irréalisable dans l’immédiat ».

La crise pourrait donc avoir des répercussions sociales et politiques, dans ce pays où l’ONU estimait déjà en 2010, le taux de pauvreté à 46,5%. « A mesure que cette pauvreté s’accroît », souligne les experts.

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