Soudan : le ministre de la défense est sous un mandat d’arrêt Défense

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Le procureur de la Cour pénale internationale a délivré jeudi dernier, un mandat d’arrêt dans lequel sont impliqués des chefs traditionnels.

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L’information a été rendue publique par les juges de la CPI, dans une décision datant du 2 décembre 2011, à la demande du procureur Luis Moreno-Ocampo. Abdelrahim Mohamed Hussein est accusé des crimes contre l’humanité…. commis entre 2003 et 2004, lorsque les miliciens janjawid et forces armées soudanaises ont mené des attaques contre les villes de Kodoom, Bindisi, Mukjar et Arawala notamment, visant des civils appartenant aux ethnies four, massalit et zaghawa, principalement. Il s’agit en effet ici, selon le procureur, une décision prise à la suite d’une enquête orchestrée depuis 2005, en vertu d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, au Darfour. Ceci, dans une région en proie depuis 2003 à une guerre civile qui a fait 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés, selon l’ONU. Khartoum parle de 10.000 morts.

Le ministre de la défense est soupçonné d’être le « co-auteur indirect » de treize chefs de crimes contre l’humanité et crimes de guerre énumérés dans le mandat d’arrêt émis à son encontre, dont meurtre, persécution, actes inhumains, viol et pillage. Il a été ministre de l’Intérieur du gouvernement du Soudan de 2001 à 2005 et représentant spécial du président Omar el-Béchir au Darfour de 2003 à 2004, M. Hussein, 60 ans, est soupçonné d’avoir apporté une « contribution essentielle à l’élaboration et à la mise en œuvre » d’une campagne "anti-insurrectionnelle" élaborée au plus haut niveau du gouvernement soudanais, selon le mandat d’arrêt. Six suspects, sont également pointés dans ce mandat d’arrêt dont le président soudanais Omar el-Béchir et le chef de milice janjawid Ali Kosheib, sont actuellement poursuivis dans le cadre de l’enquête de la CPI au Darfour. Subordonné de M. Hussein, l’ancien ministre soudanais des Affaires humanitaires et ex-secrétaire d’Etat à l’Intérieur Ahmed Haroun fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI depuis 2007.

De son côté, le président soudanais Omar el-Béchir, ne reconnaît pas la compétence de la CPI qu’il défie en voyageant à l’étranger notamment dans des pays signataires du Statut de Rome, traité fondateur de la Cour, qui se sont engagés à coopérer avec cette dernière. Il refuse cependant, de livrer à la CPI Ahmed Haroun et Ali Kosheib, qui font depuis 2007 l’objet de mandats d’arrêt pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Également deux chefs rebelles du Darfour, Abdallah Banda et Saleh Jerbo, sont poursuivis par la CPI, soupçonnés d’avoir mené une attaque en 2007 contre une mission de maintien de la paix au Darfour sur la base d’Haskanita (nord du Darfour). Attaque qui avait fait douze morts. En attendant l’ouverture de leur procès pour crimes de guerre, les présumés bénéficient encore de leur liberté.

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