Suisse : le peuple durci le droit de manifester et refuse six semaines de congés payés

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Les lois adoptées lors du référendum de dimanche dernier, entrent immédiatement en vigueur.

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Durcissement de la loi sur les manifestations à Genève, limitation de la construction de résidences secondaires et création à Zurich de box pour les prostituées : les Suisses ont voté dimanche sur plusieurs sujets, refusant aussi les 6 semaines de congés payés contre 4 actuellement. Les Genevois se sont ainsi prononcés en faveur d’un encadrement plus strict du droit de manifester, en dépit de critiques à l’ONU dont le siège européen se trouve à Genève.

De faite, ce durcissement de la loi initié par la droite, permet d’imposer une amende pouvant aller jusqu’à 100.000 francs suisses (83.000 euros), contre 10.000 francs précédemment, pour une manifestation sauvage ou qui ne se serait pas déroulée selon l’autorisation obtenue. Cependant, c’est un durcissement qui se voit du coup, attaqué par la gauche, les écologistes et de nombreuses associations. Citant les manifestations anti-G8 en 2003 et anti-OMC en 2009, le politologue Pascal Sciarini, vivant à Genève explique : « ce vote est la résultante par le traumatisme de manifestations passées, qui ont dégénéré  ».

La loi qui a donc été plébiscité, permet aussi au canton de Genève, où siègent notamment le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et l’Organisation internationale du travail (OIT), d’interdire des manifestations dans certains lieux. un texte qui n’est non plus loin d’imposer un itinéraire dans Genève, ville qui peut accueillir plusieurs fois par semaines des manifestations en particulier durant les sessions du Conseil des droits de l’homme. C’est une loi qui impose aussi aux organisateurs de manifestations, de mettre en place leur propre service d’ordre et de sécurité. Car en cas de débordement et même si ce n’est pas de sa faute, l’organisateur peut se voir refuser toute nouvelle autorisation pendant un à cinq ans. Ce que pourtant Tobias Schnebli, responsable du Comité unitaire « NON à la loi contre les manifestations », qualifie d’ « obstacle trop important pour exercer (...) les droits démocratiques ».

Dimanche dernier, les Suisses, très attachés à la valeur du travail, ont par ailleurs et sans surprise, dit non à une initiative des syndicats demandant six semaines de congés payés, contre quatre actuellement. En revanche, ils ont accepté, malgré la farouche opposition du gouvernement, du parlement et des cantons touristiques et alpins, l’initiative de l’écologiste Franz Weber plafonnant à 20% la part des résidences secondaires dans chaque commune. Pour la vice-présidente de l’ONG qui porte son patronyme, « le peuple suisse a démontré qu’il voulait sauvegarder la beauté de la Suisse », où il existe environ 500.000 résidences secondaires soit environ 12% du parc de logements total selon les statistiques officielles. L’aménagement d’une place de la prostitution a également été largement approuvé, avec des box pour les voitures des prostituées en dehors du centre ville, une première en Suisse.

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