UMP : et si le duel Fillon-Copé profitait à... Sarkozy ?

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L’UMP se réunit ce jeudi pour ses Journées parlementaires, dans le Nord, alors que le duel Fillon-Copé tourne à la bataille de chiffonniers. Le “troisième homme” qui mettrait la famille d’accord s’appelle peut-être Nicolas Sarkozy, en fin de compte.

L’UMP s’était juré de ne pas imiter les "chicayas" des congrès socialistes : transparence du déroulement, pas d’invectives entre adversaires et, avant tout, une confrontation des idées. Loupé ! La collecte des parrainages n’a pas aidé à relever le niveau d’une compétition dont se désintéressent totalement les Français et qui ne mobilise pas les adhérents eux-mêmes. Malgré les e-mails, les courriers, les appels téléphoniques, une bonne moitié des militants n’ont pas jugé utile de remplir un bulletin. Critiqué de toutes parts, le feuilleton des signatures s’est achevé dans la confusion la plus totale.

Le week-end précédent le 18 septembre, date limite de dépôt des candidatures à la présidence du parti, les proches de Jean-François Copé, persuadés d’écraser François Fillon, se réunissent. Ils hésitent à communiquer leur véritable décompte, de crainte de nouvelles accusations d’inégalité de moyens. Tel est pris qui croyait prendre : le jour J, avec 45 000 soutiens revendiqués, Fillon met Copé KO. Quatre-vingt-seize heures plus tard, parole d’huissier, le second passe finalement devant le premier.

“Est-ce que j’ai une gueule de président par intérim ?”

Cette bataille de chiffonniers pourrait laisser des traces, si tant est que l’élection elle-même ait vraiment un sens. Il y a de quoi en douter. D’abord, parce que les statuts prévoient un nouveau congrès en 2015, et, potentiellement donc, l’éviction du président en place. Jean-François Copé en a d’ailleurs fait un argument de campagne. Lui, il remettra son leadership en jeu dans trois ans et les militants jugeront alors s’il a réussi la reconquête des territoires aux municipales de 2014. Sous-entendu : son rival se gardera bien de rendre des comptes.

L’ex-Premier ministre a, il est vrai, une vision à plus long terme. “Est-ce que j’ai une gueule de président par intérim ?” confie-t-il, le 20 septembre, dans un TGV Paris-Poitiers. D’ailleurs, quand une parlementaire du Parti populaire européen (PPE) lui donne du “Monsieur le président” en guise d’accueil à un colloque, François Fillon ne prend pas la peine de rectifier. Monsieur le président ? De l’UMP ? De la France ? Pour l’instant, de rien.

S’il... préside le parti, son chemin vers 2015, et qui sait vers 2017, sera tout sauf un long fleuve tranquille. “En cas d’échec, Copé n’est pas du style à entrer dans les ordres”, dit de lui un ancien ministre. “Je gravirai la montagne par la face Nord”, a promis le député maire de Meaux à un proche. Et pour enquiquiner - restons polis - François Fillon, il aura l’embarras du choix : une vraie connaissance du terrain (“En deux ans, j’ai fait deux fois le tour de la France”, insiste-t-il pour L’Express), le groupe des députés dirigé par son fidèle Christian Jacob, les multiples antennes de son club, Génération France - dont le financement est garanti non par le parti mais, si besoin, par deux de ses amis - et, enfin, les motions.

A l’exception de celle déposée par Laurent Wauquiez - “Plus à son compte” qu’à celui de François Fillon, persifle un filloniste - toutes les autres sont majoritairement copéistes. Un noyautage calculé : “On a fait le boulot”, se délecte l’un de ses artisans. François Fillon s’en est désintéressé. Sous sa présidence, les mouvements serviront, tout juste, de fond de décor. Ce qui ne l’empêchera pas d’y piocher pour former sa future escouade. Tout en haut de son tableau de chasse : Luc Chatel, allié de Jean-François Copé, mais sans hostilité marquée à l’égard de l’ancien chef du gouvernement.

La décontraction nouvelle de Fillon

“C’est archi-plié”, juge un collaborateur de Fillon. Il ne faudrait pas que cela revienne aux oreilles du patron, qui se garde de tout triomphalisme. Son attitude décontractée laisse toutefois transparaître un avant-goût de victoire. En voyage, plutôt que de potasser des notes, il lit, “en anglais, parce que ça n’a pas encore été traduit”, Crimea, d’Orlando Figes, un ouvrage sur la guerre de Crimée. Qui a connu le Premier ministre guindé dans des costumes sur mesure s’étonne de ce nouveau style décravaté et de ces pointes d’humour dans des discours désormais improvisés...

Autre signe flagrant de son optimisme : Fillon pense déjà à sa future communication et a rencontré Christiane Stahl, longtemps chargée de celle du prince de Monaco. Une spécialiste des intrigues de cour ne devrait pas être de trop pour aplanir celles qui ne manqueront pas de se former après le Congrès du mouvement, le 18 novembre et qui pourraient au mieux compliquer, au pire miner le travail du nouveau président. “On aurait dû attendre pour tenir cette élection, se désole le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, en écho à une protestation maintes fois entendue dans la bouche des militants. Au lieu de faire notre travail d’opposition, on se divise.” Sacrilège, un autre copéiste ose : “Si Nicolas avait laissé la présidence en entrant à l’Elysée, on n’en serait pas là.” Lire la suite sur l’express.fr

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