UMP : Fillon déterre la hache de guerre

Partager :

Une petite phrase d’une interview, non encore publiée, au Figaro Magazine, fait voler en éclats la paix des braves que Copé avait cru durablement instaurée.

L’ancien premier ministre annonce dans un entretien au Figaro Magazine son entrée dans la course pour la présidence de l’UMP qui débutera juste après les élections législatives des 10 et 17 juin prochains.

“Depuis le départ de Nicolas Sarkozy, il n’y a plus, à l’UMP, de leader naturel.” “Je prendrai toute ma part, avec d’autres, à cette compétition”, annonce-t-il . "Mais la compétition ne signifie pas la division", poursuit-il, alors que les ténors de la majorité sortante ont mis en sourdine leurs désaccords pour la campagne des législatives.

“La famille se trouvera un nouveau chef” avait dit Nicolas Sarkozy au lendemain de sa défaite à la présidentielle, en présence des ténors de la majorité sortante et des partis ralliés. Le président sortant confirmait ainsi qu’il se mettait en retrait(e).

En lançant l’idée d’un “comité stratégique”, une espèce de directoire de l’UMP, le chef du parti encore majoritaire voulait jouer la carte du rassemblement. Une image que l’on accole plus volontiers à l’ancien chef du gouvernement.

Cette gestion collégiale était supposée anticiper sur les égos de tous. Les anciens Premiers ministres Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, les anciens secrétaires généraux Xavier Bertrand et Patrick Devedjian et l’équipe dirigeante du parti, dont Michèle Alliot-Marie, Brice Hortefeux, Jean-Claude Gaudin ou encore Bernard Accoyer étaient tous associés pour sauver les meubles et l’emporter des legislatives qui restent “gagnables”

“Plus de leader naturel” c’est-à-dire plusieurs leaders naturels ? En tout cas, naturellement, une compétition est en vue. Mais l’intérêt pour François Fillon de marteler cette évidence, s’il n’est pas évident, est incontestablement stratégique.

En cas de victoire aux législatives, peut-être pourrait-il voir son avantage sur Copé, qui a l’appareil du parti et les principales chapelles derrière lui, fondre. Alors il se fait entendre, il n’a pas grand chose à y perdre, puisque l’accusation de Rachida Dati, qui estime qu’il “divise” ne saurait pas prospérer dans l’esprit des militants de l’UMP.

Le problème, c’est que ce faisant Fillon donne des munitions supplémentaires à la gauche, qui déclarait ce jeudi dans le site internet du parti socialiste qu’elle se bat pour la France quand l’UMP se battrait pour elle-même, c’est-à-dire pour survivre. Si l’UMP ne peut pas gagner le combat de sa cohésion, l’emporter sur les législatives peut s’avérer fantasmatique et, pourquoi pas, disqualifier les deux rivaux naturels pour imposer le retour de Nicolas Sarkozy que Brice Hortefeux ne parvient toujours pas à oublier.

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?