L’impact de la dictature de la minceur sur nous

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Le printemps est là. Les oiseaux partis hiberner vers un ailleurs inconnu reviennent au bercail. Les fleurs asséchées par la froideur de la saison passée revivent et bourgeonnent. C’est l’approche des beaux jours. On pense au soleil, aux vacances et à la plage. Déjà se planifient les rendez-vous beauté. Dès maintenant, se fait sentir le besoin de s’embellir. D’affiner son corps. Quelque part en soi démange la folle envie d’exhiber une silhouette svelte sur la plage. On s’attarde un peu plus sur les magazines de mode et leurs régimes miracles. L’on veut y dénicher le meilleur moyen de maîtriser son poids, et surtout , au plus profond de nous, de plaire encore et toujours.

Ainsi notre société occidentale s’est fait un modèle idéal de beauté qui se résume à la présentation d’un physique longiligne. Image qui occupe une place si importante dans notre quotidien qu’elle est devenue une obsession. Pour faciliter l’assimilation de la leçon, les médias mettent en avant les méfaits de l’obésité et du surpoids. On se prend la tête et, une fois démarré, on ne sait plus s’arrêter : il faut maigrir. On n’est jamais assez mince. On s’impose des recettes qu’on dit à succès car, on poursuit un modèle. On veut rivaliser avec les stars. Le subconscient en redemande. Il nous incite à tout essayer. Il nous miroite la possibilité de recouvrer notre éclat d’antan.

-Dictature insidieuse de la société, quand tu nous mets sous pression !

Notre corps est devenu un support commercial à forte valeur lucrative. Pour des raisons économiques, il enfreint sans vergogne les règles d’hygiène de vie. Il se prive et s’inflige des souffrances psychologiques. Pour enclencher le besoin de mimétisme de la part d’un public conformiste, le culte minceur, à la solde des industries, vante les standards d’idéaux physiques. Inconsciemment, on se met soi-même sous pression. Comme le font remarquer les mouvements féministes et certains modèles notamment Julie Lessard, mannequin au Québec, décrivant la situation de ses consœurs : “ elles mangent à la course…. Sinon elles s’écrouleraient” . Elle poursuit la dénonciation en ces termes : “On ne sait plus ce qui est normal comme mensurations. À chaque défilé, on dirait que les filles sont encore plus minces et plus jeunes qu’avant, poursuit-elle. Je crois que l’industrie de la mode - et surtout les grands couturiers et les marques qui ont une influence sur toute l’industrie - doivent imposer des standards plus respectueux de la clientèle. Je me souviens d’un contrat en Corée du Sud où, à 52kg, on m’a dit que j’étais trop grosse. J’étais découragée”, lâche-t-elle.

Dans le monde, ils sont tout aussi nombreux ceux qui disent ne pas envier ces corps “squelettiques” qui renvoient l’image d’une personne anorexique mais aussi d’une société superficielle valorisant l’apparence. A ce sujet, un africain s’exclamera : “Je recherche une femme qui a de la présence”. Est-ce une question de culture ou de mimétisme tout simplement ? Ou est-ce le fait des stratégies des industries qui veulent faire uniquement du profit ? Sommes-nous sous l’emprise des médias - avec leurs injonctions contradictoires - qui se servent des subterfuges pour se nourrir et nourrir les industries ?

Comment faire pour résister à cette dictature et sauvegarder sa santé ? Arborer un regard différent sur son poids relève t-il des questions de personnalité et de culture ? Comment faire preuve de discernement ?

Le corps médical doit tirer la sonnette d’alarme et proscrire les régimes très restrictifs. Les politiques aussi doivent prendre leur responsabilité et cesser de nous marteler à coups de pub que cinq fruits et légumes par jour, c’est déjà bien. Sinon à cette allure, la société court droit à la déperdition du capital humain, indispensable à son développement.

1 Message

  • L’impact de la dictature de la minceur sur nous le 30 avril 2012 à 21:41, par pascalynna

    personnellement mes references en matiere de beauté ne sont pas les sacs d’os que l’on peut voir a la télé. Mais il est vrai qu’il est important que je me me sente bien dans mon corps. Actuellement je me bats pour essayer de recup ma taille 38 depuis mon accouchement et j’avoue ca me torture un peu esprit surtout que l’été approche. Peu etre que j’envisagerais un chirugie esthétique pour reparer les degats du temps et des grossesses.
    Mais c’est vrai que je vois de plus en plus de jeune filles très mince et je trouves ca laid.

    repondre message

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