Après Sarkozy, le chaos ?

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L’UMP, un chantier ou un champ de ruines ? Roselyne Bachelot dans son livre A Feu et A Sang paru au mois de juin accuse Emmanuelle Mignon, Patrick Buisson et Claude Guéant d’avoir précipité l’ancien parti majoritaire dans une dérive droitière. Il aurait amené l’ancien président Nicolas Sarkozy à se renier lui-même, idéologiquement cela s’entend.

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N’est-ce pas conclure plutôt rapidement, parce que l’on juge de si près, sans distance critique, sans que le nécessaire travail de sédimentation de toutes les rancœurs et de toutes les amertumes n’ait été mené jusqu’à son terme ?

Plus d’argent, plus de leader, plus de valeurs

La position trouble de Nicolas Sarkozy au sein de l’UMP peut être un facteur aggravant des dissensions qui existent déjà. Il a par exemple poussé Xavier Bertrand à se présenter comme Président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale. Mal lui en a pris, Christian Jacob a su conserver son poste.

Il n’empêche cela soulève la question de son positionnement quand Nadine Morano n’hésite pas à critiquer vertement François Fillon, que Roselyne Bachelot lui adresse des critiques sans concession et que le duel Copé-Fillon s’annonce impitoyable.

Sarkozy ne dit plus rien publiquement, mais il n’en pense pas moins. Il a sûrement une idée sur la reconstruction de son parti dont il ne saurait être exclu, en tant qu’il n’est pas l’unique responsable des débâcles électorales successives.

L’antisarkozysme qu’on disait fragiliser l’UMP n’a pas été la principale cause de la défaite des législatives. Les résultats même de Sarkozy à la présidentielle plaident pour une appréciation plus nuancée de son impopularité ou du rejet dont il a été l’objet. Il serait dangereux pour l’UMP de considérer qu’il n’y a rien de bon dans le sarkozysme et qu’il faut comme s’en purifier. Il serait tout autant dangereux pour Nicolas Sarkozy de considérer que son seul mode d’existence dans son parti serait désormais la direction occulte ou le tirage des ficelles.

En tout cas, ça a tout l’air d’une débandade. Ca vole dans tous les sens. Et parfois très bas. Baroin, Dati, Juppé, Raffarin, tous pourraient légitimement prétendre au leadership du parti. A condition que l’on évite les amalgames de Chantal Jouanno qui a pu dire à propos de son champion, Fillon, que celui-ci était le mieux placé pour l’emporter la présidentielle de 2017.

En son temps, Martine Aubry, elle aussi, avait dû penser que c’est elle et pas Hollande ou Strauss-Kahn, qui mènerait le Parti Socialiste à la victoire de la présidentielle. 2017 est encore loin et le principal argument devrait être la reconquête des voix perdues et des cœurs désabusés.

L’incontournable sujet des valeurs n’est pas tout. S’ils se regardent trop dans la glace, si leur attention est accaparée par leur nombril, ils manqueront d’être une vraie force d’opposition, de proposition, et de contre-proposition. On existe en travaillant sur ses qualités (et Dieu sait si l’UMP en a !), pas en ruminant nuit et jour ses défaites consécutives.

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