De plus en plus de personnes en France souffrent de la solitude

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Le sentiment de solitude est inhérent à la condition humaine. Mais pour beaucoup d’entre nous, il est vécu dans la tristesse. Synonyme d’abandon, ce phénomène psychologique touche de plus en plus de personnes en France.

Le rapport 2012 sur la solitude de la Fondation de France, publié en juin, révèle que 4,8 millions de personnes -soit 11% de la population- se sentent profondément seules. D’après cette enquête, l’isolement et la solitude s’aggravent chez les trentenaires. “C’est l’âge auquel on se détache de sa famille. Cette période s’accompagne de la précarité de l’emploi et du logement qui favorise la solitude”, assure Martine Gruère, responsable solidarité à la Fondation de France.

En 2010, la moyenne d’âge de la population isolée était de 59 ans, elle est aujourd’hui de 54 ans.

Les personnes seules entretiennent des liens sociaux d’un seul type

Pour la Fondation, la solitude se traduit principalement par l’impression de ne compter pour personne. C’est un sentiment d’abandon, d’inutilité et d’exclusion. Les trois quarts des cas découlent d’un éloignement familial ou amical, de l’absence d’emploi, d’un déménagement ou d’un problème de santé. “On considère qu’une personne est isolée à partir du moment où elle a moins de quatre relations amicales ou familiales par mois”, précise Mme Gruère. Et à la responsable solidarité de préciser aussi que l’augmentation du nombre de personnes en situation d’isolement tient du fait qu’elles entretiennent un lien social d’un seul type : soit leur famille, soit leurs amis, soit leurs collègues.

Les hommes sont plus touchés : le travail a perdu son rôle d’insertion sociale

Pour environ un tiers de Français, le travail n’est plus un facteur de convivialité. Les hommes, qui traditionnellement avaient plus de relations avec leurs collègues que leurs homologues féminines, sont plus touchés : ils souffrent d’avantage de cette rupture du lien social dans le milieu professionnel.

Les travailleurs indépendants (agriculteurs, micro-entrepreneurs) ne sont pas les seuls à souffrir de cette solitude, les salariés occupant des emplois précaires (CDD, intérim), qui ne permettent pas d’entretenir des relations sur le long terme, sont également touchés. Les temps partiels et les horaires décalés rendent eux aussi ces liens difficiles. La pression ressentie par les travailleurs est également un facteur d’isolement. “Les employés s’autorisent de moins en moins à prendre des pauses, moment conviviaux, pendant leur travail”, estime Martine Gruère. “Personne n’a la volonté de créer la solitude et pourtant nos modes de vie actuels en sont les principaux facteurs”, conclue-t-elle.

Comment sortir de cette impasse ?

“On n’extirpe pas les gens de l’impasse de la solitude comme on sauve des gens de la noyade”. Pour la Fondation, il faut réintégrer l’individu dans un groupe, l’associer à un projet commun par l’intermédiaire d’associations spécialisées. Mais toute la difficulté réside dans la rencontre entre les personnes isolées et ces organisations. Leur mise en relation se fait souvent par l’intermédiaire des travailleurs sociaux et des municipalités qui sont les principaux interlocuteurs de ces personnes. Mais selon Martine Gruère, il ne faut pas se “cantonner à l’assistanat” et créer un véritable échange à l’initiative de toutes les parties prenantes. “Pour pouvoir se guérir de la solitude il faut créer une réciprocité dans ses rapports avec les personnes”, déclare-t-elle.

De même, pour vaincre la solitude il ne faut attendre du quotidien des moments exceptionnels, comme l’explique le rapport. Au contraire il faut accepter et apprécier les liens faits de proximité et de routine.

Lire le rapport 2012 sur la solitude de la Fondation de France

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