De Sarkozy à Valls : le jeu des sept différences

Partager :

JPEG - 14 ko

A peine installé dans ses fonctions, le nouveau ministre de l’intérieur enchaîne des déplacements. Au total, relèvent nos confrères d’Europe 1, Manuel Valls a déjà effectué six voyages officiels depuis le premier Conseil des ministres : la gendarmerie de Mormant (Seine-et-Marne), les pompiers de Pontault-Combault (Seine-et-Marne), le commissariat de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), le G6 à Munich, Auxerre, et Marseille, lundi dernier, l’ont tous accueilli.

L’ancien ministre UMP de l’intérieur, Brice Hortefeux, invité mardi 22 mai dernier à commenter sur BFM-TV la première semaine de Manuel Valls à place Beauvau, et s’est félicité de ce que le ministre socialiste “s’inspire de la volonté de Nicolas Sarkozy d’être toujours présent” sur le terrain.

Selon l’AFP, La Cimade, association impliquée dans la défense des étrangers a par ailleurs souhaité, après la victoire de François Hollande, voir “sortir la question de l’immigration de l’Intérieur”.

Il n’en a rien été, l’Immigration reste à l’Intérieur, comme l’avait voulu Sarkozy en les rattachant l’un l’autre dès 2009, en dépit des protestations de la Gauche et des associations de défense des étrangers.

Au chapitre des similitudes, l’on se rappelle que Manuel Valls, alors candidat à la primaire socialiste, assurait que la TVA sociale était “la solution”. Mais sitôt que Nicolas Sarkozy avait repris cette même idée, il ne s’était plus exprimé sur le sujet. Car il roulait désormais pour son nouveau champion : François Hollande.

Toutefois, la touche du député-maire (PS) d’Evry au ministère de l’Intérieur ne saurait être réduite à son hyperactivisme et sa popularité : il est certes le ministre de Hollande auquel les Français font le plus confiance. Mais saura-t-il le rester en faisant bien son job de superflic, c’est-à-dire parfois en adoptant souvent des mesures impopulaires ?

Élu d’une ville où les problèmes de sécurité sont légion, il promeut la fermeté et s’est dit lors des primaires socialistes favorable aux polices municipales, armées au besoin. Il stigmatise en revanche ce qu’il appelle “la politique du chiffre” du gouvernement Fillon.

Il n’a d’ailleurs pas hésité à tacler son prédécesseur, Guéant, lors de la passation des pouvoirs en disant qu’il se démarquerait sans “angélisme, ni course effrénée aux chiffres, ni stigmatisation de communauté, d’une catégorie par rapport à une autre”.

De la parole aux actes, il lui faudra montrer de la patience et de la conviction dans un ministère qui sera peut-être l’enjeu essentiel de toutes les batailles électorales à venir.

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?