Rixe à Echirolles : dix suspects arrêtés près de Grenoble

Partager :

A Echirolles (Isère), l’enquête sur la mort de Sofiane et Kevin, tués dans une rixe, s’accélère. Désormais, les policiers détiennent 12 personnes. Parmi eux, deux frères, des militaires résidant dans le quartier de la Villeneuve.

JPEG - 25.4 ko
François Hollande lors de son déplacement, le 1er octobre 2012, auprès des familles de Sofiane et Kevin, les deux jeunes tués à Echirolles. (Photo Emmanuel Foudrot. Reuters)

Trois jours après le double meurtre, et au lendemain de deux arrestations en Isère et dans le Var, dix personnes ont été arrêtées à la Villeneuve, près de Grenoble.

La police a interpellé une dizaine de personnes mardi matin dans le cadre de l’enquête sur le meurtre à l’arme blanche de deux jeunes à la Villeneuve, banlieue de Grenoble, au lendemain de la promesse de François Hollande de “retrouver les auteurs de ces crimes odieux”.

Les interpellations ont essentiellement eu lieu à la Villeneuve, quartier sensible à cheval entre Grenoble et Echirolles, selon une source proche de l’enquête interrogée par l’AFP. Une majorité d’entre eux sont de jeunes adultes âgés de 18 à 21 ans, a précisé une source policière. Ces interpellations s’ajoutent à deux premières lundi après-midi dans l’agglomération grenobloise et à Hyères, dans le Var.

Des policiers, dont certains en civil, sont intervenus dans le quartier mardi dès 6 heures, suivis par de nombreux médias, a constaté une journaliste de l’AFP, et l’opération se poursuivait en début de matinée. Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, arrivé la veille au soir avec le président François Hollande, est resté sur place, participant dans la nuit à une ronde policière dans le quartier, a précisé la préfecture. Il devait donner une conférence de presse à 10 heures à l’hôtel de police de Grenoble.

Plusieurs appartements ont été perquisitionnés lors de cette opération qui a mobilisé une cinquantaine de policiers, outre les hommes du Groupe d’intervention de la police nationale (GIPN), habillés en noir et cagoulés. Le président François Hollande s’était rendu lundi soir auprès des proches des victimes.

Pour un motif apparemment futile selon les premiers éléments de l’enquête, deux jeunes sans histoires, Kevin, étudiant, et Sofiane, âgés tous deux de 21 ans, ont été lynchés vendredi soir dans un parc de la Villeneuve par un groupe d’une quinzaine de jeunes munis de manches de pioche, de marteau et de couteaux. Cette attaque aurait fait suite à une première dispute entre le petit frère de Kevin et un camarade, à la sortie du lycée.

Les agresseurs “seront traduits devant la justice pour recevoir la condamnation qu’ils méritent”, avait promis François Hollande, qui a rencontré les familles des deux jeunes, faisant part de sa “solidarité au nom de la France toute entière”.

Une marche blanche “à la mémoire de Kevin et Sofiane” est prévue ce mardi à 18 heures alors que les appels au calme se sont multipliés dans le quartier, émanant des proches des victimes, mais aussi des professeurs de leur ancien lycée. François Hollande a notamment rendu visite à la mère de Kevin, Aurélie Noubissi, pédiatre, qui avait dénoncé la violence gratuite de jeunes du quartier devenus sans “garde-fous”, vivant “dans le désœuvrement, l’oisiveté”.

Le président a été interpellé lundi soir par les habitants, lui réclamant plus de “sécurité”, une habitante allant jusqu’à comparer sa ville au Texas. Ce nouveau drame est venu raviver le souvenir des trois nuits d’émeutes en 2010 après la mort d’un jeune habitant tué lors d’un échange de tirs avec la police après son braquage d’un casino. Ces heurts avaient été suivis du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, promettant une “guerre nationale” contre les “voyous”.

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?